Tourisme et handicap, des opportunités pour tous

A l’heure où l’équité fait débat et dans le contexte de la crise sanitaire, le tourisme cherche à se réinventer. En effet, à ses débuts, le secteur touristique proposait une offre à destination du plus grand nombre, en oubliant bien trop souvent les minorités qu’elles soient valides ou non valides. Aujourd’hui, et avec les progrès sociaux et technologiques, on va chercher à proposer des offres de loisirs et de tourisme beaucoup plus personnalisées, qui se recentrent autour de l’individu en soi. Cependant, malgré les efforts, ces offres restent encore beaucoup trop souvent exclusives pour les personnes handicapées ou désavantagées.

C’est pour en savoir plus sur cette problématique que nous avons décidé de réaliser une étude sur le sujet, menée entre Janvier et Mars en France et destinées non seulement aux personnes handicapées et désavantagées, mais également aux parents d’enfants avec des handicaps visibles ou non visibles. Sur le groupe d’individus interrogés, 50% sont actifs et 22,2% sont étudiants, ce qui fait donc de notre échantillon un groupe individus majoritairement entre 18 et 60 ans. Sur cet échantillon, 65,2% sont porteurs de handicaps.

Parmi tous ces individus, 84,2% sont partis en vacances cette année dont 50% ont pu partir deux fois, ce qui en fait une part non négligeable de la population touristique. De plus, 57,9% partent en voiture, ce fait d’eux des voyageurs plus enclins à partir dans des destinations touristiques françaises ou européennes proches. Cependant, 57,9% des participants interrogés affirment que les vacances peuvent être des sources de stress pour des raisons diverses telles que la peur d’être bloqué quelque part, malade, ou bien le manque d’équipement et d’accessibilité sur le lieu de séjour. Ces résultats mettent en lumière une triste réalité, car malgré la loi Accessibilité Handicap de 2005, beaucoup d’endroit restent inaccessibles aux personnes porteuses de divers handicaps, tout particulièrement ceux qui sont non visibles et donc pas forcément détectables par les personnels d’accueils du secteur.

52,7% des répondants partent entre 3 et 7 jours, tandis que 42,1% d’entre eux partent entre 7 et 14 jours. Ainsi, les participants favorisent les longs séjours, et représentent ainsi des clients potentiels qu’il ne faut pas négliger dans la production des offres touristiques.

De plus, avec les progrès de la technologie et Internet, 68,4% préparent eux-mêmes leur vacances sans passer par des professionnels ou une association, et cette même part des interrogés préparent ces mêmes vacances quelques semaines avant le départ. Malheureusement, 88,9% d’entre eux pensent qu’il est plus dur pour une personne handicapée de partir en vacances, notamment seule, car il est difficile de trouver des espaces d’accueil adaptés. 53,7% trouvent des espaces d’accueil adaptés dans des hébergements payants, mais seulement 43,8% trouvent des chambres adaptées, car bien souvent celles-ci sont trop petites pour faire circuler un fauteuil par exemple, ou les douches sont trop glissantes.

C’est pour ces raisons que 47,4% se rendent en priorité chez des amis et de la famille, afin de bénéficier de confort et d’accessibilité, ce qui représente non seulement une perte économique pour le secteur, mais également une inégalité de possibilités et de choix pour les vacanciers handicapés et désavantagés. Comme nous l’avons dis plus tôt, le choix de lieux familiers que ce soit pour l’hébergement mais également pour le transport domine. Il est certain en effet que les transports en commun ne sont pas forcément adaptés avec des bus trop hauts, l’incivilité des autres usagers et le bruit, la foule… Ce qui prive tout bonnement de séjour ceux qui ne possèdent pas de voiture personnelle ou la possibilité de se faire conduire sur le lieu de vacances par un tiers.

Pour ce qui est des loisirs, qui sont également des activités importantes pour l’épanouissement personnel pendant les vacances mais aussi durant la vie de tous les jours, 47,4% des interrogés pratiquent deux activités sportives et culturelles par semaine et 36,8% pensent que l’accessibilité est un des critères les plus importants dans le choix des loisirs. Cependant, 58,8% d’entre eux trouvent les loisirs discriminants envers les personnes handicapées ou désavantagées, tout d’abord à cause du nombre limité de possibilités adaptées à tous, mais également à cause de la difficulté d’accès et plus généralement du regard des autres.

C’est toutes ces réponses qui nous poussent à vouloir créer un guide accessible à tous, valides comme non valides, handicaps visibles comme non visibles, afin de promouvoir un tourisme pour tous et bienveillant. D’autant plus que lorsque l’on demande aux participants s’ils pensent que les guides classiques touristiques sont adaptés à tous, 82,4% répondent fermement non. Hors, il est important dans le tourisme d’aujourd’hui de produire des guides touristiques inclusifs et ce même si la société considère les loisirs et le tourisme comme des activités non « vitales ». Pour nous, découvrir, ressentir, explorer, s’aventurer, c’est aussi important que de respirer, c’est tout simplement vivre au delà de survivre.

Etude réalisée par Elodie Vogel sur la plateforme Google Survey entre Janvier et Mars 2020

Article par Léa Teil

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